Pensées

les bocaux de verre

Un jour, on m’a présenté un bocal de verre transparent

On m’a demandé de décrire ce que j’y voyais

J’y voyais de l’aluminium froissé, du papier déchiré,

Du charbon, de la crasse et du chocolat périmé.

Alors on m’a demandé de regarder à nouveau

Sous un autre angle, et de recommencer.

Par le haut, j’y voyais des mouches mortes

Des bouts de tissus sans intérêt.

Alors on m’a demandé d’ouvrir le bocal, d’enlever la première couche et de regarder la suivante.

J’y voyais la même chose.

Alors on m’a demandé de mieux observer.

J’y voyais un bout de sachet sale, fermé

J’y voyais une troisième couche, cachée, que je voulais découvrir.

Alors on m’a demandé d’enlever cette deuxième couche, et de regarder la suivante.

 

J’y voyais un sachet bleu de M&Ns encore bon.

J’y voyais des bijoux

J’y voyais des biscuits

J’y voyais un trésor.

Alors on m’a demandé comment j’avais pu trouver ce trésor, au cœur du bocal.

Alors j’ai compris.

 

J’ai compris que nous sommes tous des bocaux de verre.

J’ai compris que la première couche représentait notre apparence physique

Et que des fois, la vie la remplissait de détritus, aléatoirement.

J’ai compris que la deuxième couche symbolisait notre comportement apparent

Et que des fois, la vie la remplissait aussi de déchets, gagnés au fil des mauvais souvenirs.

Que des fois on peut crier, on peut insulter, on peut se taire, on peut bouder

On peut tout faire pour rendre notre deuxième couche plus épaisse, plus hideuse

On peut tout faire pour cacher le sachet bleu de M&Ns encore bon.

 

J’ai compris qu’en enlevant ces détritus

Qu’en grattant jusqu’à la troisième couche

On pouvait trouver un petit sachet rempli de trésors.

On pouvait trouver un cœur rempli de merveilles.

Il y a des personnes qui  ne prennent en compte que la première impression

Qui ne prennent en compte que la première couche

Il y a des personnes qui pensent bien faire en enlevant la première couche

Mais qui s’arrêtent à la deuxième, découragés.

Il y a des personnes qui n’ont parfois pas le courage ou l’envie de continuer à gratter

De continuer à chercher pour trouver.

De continuer à explorer pour découvrir.

 

Je m’imagine un monde où il n’existe qu’une couche dans le bocal de verre, la troisième.

 

Je m’imagine un monde où toutes les autres couches sont invisibles

Ont disparu des yeux des autres bocaux de verre

Ont cessé d’exister parce qu’elles n’avaient plus aucun intérêt

Parce qu’elles n’avaient plus le droit de cacher le petit sachet rempli de trésors.

 

Je m’imagine un monde où ces trésors quittent le bocal

Pour se balader, pour en rencontrer d’autres, pour en découvrir d’autres

Pour s’unir en un seul et même trésor.

 

Je m’imagine un monde où les personnes s’intéressent aux autres

Où les personnes vont au-delà des conversations sans intérêt

Superficielles

Où les personnes cherchent le trésor de chacun

Et ne se découragent pas

 

Je m’imagine un monde où les personnes font abstraction des apparences

Font abstraction de leurs préjugés

Je m’imagine un monde où chacun se connaît et connaît les autres

Connaît son trésor

Connaît leur trésor

 

Je m’imagine un monde où chacun a conscience de l’âme de chacun

De l’humanité de chacun

Un monde où tout le monde a envie de progresser

De faire disparaître toutes les mauvaises couches de son bocal en verre.

Et celles des autres.

 

Je m’imagine un monde sans critiques

Sans insultes, sans murmures, sans mépris

Je m’imagine un monde où la tristesse devient joie

Où la colère devient sérénité

 

Je m’imagine un monde où personne n’a peur de casser son bocal

Un monde où les compliments

L’intérêt pour l’autre, les rires, les sourires et le bonheur

Remplissent le petit sachet, qui devient propre, de la troisième couche.

 

Je m’imagine un monde où, pour percer tous les défauts

On utilise un rayon de compréhension

Puis un rayon de compassion

Et un rayon de sourire.

 

Je m’imagine un monde où, pour faire resurgir les merveilles cachées de chacun

On illumine le bocal d’un rayon d’amour

D’affection.

 

Je m’imagine un monde où tous ces rayons font des ponts entre les bocaux de verre

Des ponts d’amitié, des ponts d’amour, des ponts de découverte et de compréhension.

Des ponts qui méprisent les préjugés, qui passent outre les deux premières couches de détritus

Des ponts entre proches, amis et inconnus.

 

Mon bocal de verre a un trésor caché

Votre bocal de verre a un trésor caché

Notre bocal de verre ne possède qu’un trésor bien caché

Un trésor à percer avec persévérance et courage

Et à illuminer avec amour.

24 mars 2010

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